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Un conte penan
L'oiseau Kang
Kaput chantait pour appeler les fleurs.
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Un jeune macaque à queue courte, qui l'écoutait, perdit
l'équilibre et tomba dans les épines de rotang, au pied
de l'arbre. Furieuse, sa mère se pricipita vers l'oiseau pour
l'étrangler avec une tige de rotin. Mais Kireng, l'écureuil,
observait la scène et dit à la mère du petit
singe: "Hé, macaque, tu ne dois pas tuer Kang Kaput; sinon,
qui va appeler les fleurs? S'il n'y a pas de fleurs, il n'y aura pas
de fruits. Vous tous, animaux mangeurs de fruits, regardez-moi qui
ne me nourris que d'écorce". La mère macaque songea
aux paroles de Kireng et libéra le cou de Kang Kaput. |
Depuis ce jour-là, il n'y
eu plus de plumes sur la gorge de l'oiseau, et Kang Kaput quitta la région
où il avait été maltraité; plus personne ne
le revit. Tous les animaux souffrirent de la faim parce que les arbres
ne fleurissaient et ne fructifiaient plus.
Ils se réunirent pour discuter de la manière de faire
revenir Kang Kaput. Tanà-un, le calao, partit à sa recherche.
Il vola, vola et vola, mais ne trouva pas Kang Kaput et s'en revint
bredouille. Beleleang, un autre calao roi de la jungle le chercha
lui aussi sans succès. Puis ce fut le tour d'Ukun-Tiàh
("vieil habit"), le papillon. Il vola et vola au-dessus
des océans, se reposant sur l'écume des vagues. C'est
ainsi qu'il retrouva Kang Kaput, qui avait traversé les océans,
et lui demanda de revenir. |
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De retour dans la jungle, l'oiseau se remit à chanter.
Aussitôt, les arbres refleurirent et portèrent des fruits.
Hommes et bêtes étaient contents d'avoir de nouveau suffisamment
de nourriture.
D'après Adji Nyagung de Long Sembaiang, Ulu Limbang
Kang
Kaput est un oiseau noir de la taille d'un merle. On l'aperçoit
rarement; mais on l'entend partout quand la jungle commence
à fleurir. Les Penans ne le tuent pas, puisqu'il appelle
les fleurs et les fruits. |
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